L’accès au poste de manager plus difficile pour les femmes que pour les hommes

« Il faut imaginer Sisyphe heureux », écrivait Albert Camus en conclusion de son essai philosophique « Le mythe de Sisyphe ». A lire l’étude publiée par le Céreq sur les femmes managers, on en arrive à la conclusion qu’ « il faut imaginer Sisyphe en femme dans le monde professionnel ». Rien n’y fait. Ni les lois qui ont imposé la parité dans les conseils d’administration, ni les programmes de mentorat, ni les articles publiés sur le sujet. 

Deux chiffres résument l’étendue du problème. En 2010, 55 % des personnes sortant du l’enseignement supérieur étaient des femmes. En 2017, elles n’étaient pourtant que 40 % des managers. « Non seulement elles accèdent moins à ces positions mais, lorsque c’est le cas, elles y arrivent plus tardivement : le délai moyen avant d’occuper pour la première fois ce type de fonction est de 15,3 mois pour les hommes et 17,9 mois pour les femmes » constatent Arnaud Dupray et Dominique Epiphane, les auteurs de cette note. 

MANAGEUSES MAIS AVEC DE PLUS PETITES ÉQUIPES

Mais l’écart ne s’arrête pas là. Si certaines femmes accèdent à des postes de manageuses, le profil de ces postes n’est pas exactement le même. Ou comment un même terme peut cacher des réalités différentes. Quand 55 % des managers hommes ont dans leur attribution principale l’encadrement d’une équipe, la proportion tombe à 48 % pour leur alter-ego féminin. Bien évidemment, on confie aux femmes des équipes de plus petite taille que les hommes. 30 % des hommes managers ont des équipes de plus de 10 personnes contre 24 % des femmes.

Ces différences se reflètent dans les niveaux de salaire. S’il n’y a pas d’écart significatif à la sortie de l’école, sept ans plus tard, le Céreq constate qu' »en moyenne les femmes cadres hiérarchiques gagnent 9% de moins que leurs homologues masculins ». L’étude montre aussi que les manageuses ont des rémunérations variables moins avantageuses que les hommes. Pis, « le fait d’avoir des enfants à charge les [les femmes] pénalise sans qu’il en soit de même pour les hommes ». 

Faut-il vraiment ajouter une ligne de commentaire à ces données accablantes ? 

Source: L’usine Nouvelle